AVEC TOI, REFAIRE LE CHEMIN

DE LA SAINT VALENTIN

 

Un si beau jour, ma mie… T’en souviens-tu ? Cette odeur de jeunesse de nos quinze ans, à l’aise dans nos chaussettes courant à perdre haleine dans l’herbe humide… ton rire d’enfant cascadant dans les clairs chemins de la si courte nuit.

Ah, ma Douce, ma Mie, comme tu étais belle, à l’âge des sucettes qui barbouillaient encore tes innocentes lèvres….

Ton âme droite et claire miroitait comme eau vive sur ma sève éblouie.

Petite nonne sucrée, tu menais la danse, fougueuse, ardente dans la nuit complice qui, doucement, referma la porte….

Te souviens-tu de ces chemins hésitants du puceau tremblant, éperdu, qui tentait de t’approcher sans attendre – la nuit est si courte – malgré tes cris faussement effarouchés ?

Sans réfléchir, mon corps palpitant se précipita avec tant de fougue sur le tien qu’il nous jeta, riant aux éclats, sur l’herbe malmenée….

Emus soudain, intimidés, craintifs, nous nous sommes étendus l’un à côté de l’autre. J’ai pris ta main tremblante dans la mienne si peu assurée. Et nous avons contemplé en silence le scintillement argenté des étoiles sur le noir velours du ciel, le souffle suspendu à la froide haleine du vent.

La lune nous illuminait d’un sourire étrange… tu m’as soufflé, petite ingénue : « j’ai froid ! »… N’écoutant que mon courage, je me suis penché sur toi, t’enveloppant de mon bras pour te réchauffer – tes cheveux sentaient si bon l’herbe froissée et la lavande – pour cueillir le sourire fiévreux de tes lèvres si fraîches au goût de bonbon…..

Dans tes yeux se miraient la lune… Tes yeux, que me disaient-ils – Oh, tant de douces choses que, ma Mie, te souviens-tu de ma main affamée qui s’est hasardée à effleurer tes petits bourgeons ?

Tes yeux avides riaient de plaisir… M’en as-tu conté avec tes mirettes… Ma bouche avait soif de toi, une soif infinie, soif de ta soif… Ma bouche est partie en voyage sur ton corps qui s’offrait… Oh quelle surprise, quelle griserie, ma Mie, que ton corps bondissant comme cabri ! Que de sublimes découvertes, ma Fleur, ma Chanson, ma Vie

Ta tendresse ingénue, ton souffle qui s’étonne, ample, et se termine en cris !

Ma Mie, ma Douce, ma Chérie, comme tu me laisses seul sur la rive, orphelin de toi… Ma vie qui devient cendre, qui titube, qui fond en larmes…

Mes yeux qui se détournent des étoiles… Plus que moi dans le miroir – à crever d’ennui dans ce monde privé d’espérance immortelle.

Avec toi se sont englouties mes plus belles visions…

Mais que tu es belle encore dans la brume de mes souvenirs de vieillard au déclin de sa vie….

Comment te dire ma gratitude, ô toi qui a cheminé si longtemps à mes côtés !

Quand te reverrais-je enfin au Royaume des ombres ?

Clin d’œil de ton grand Fou qui t’aime toujours autant…

Bonne Saint Valentin là où tu es ! Et embrasse pour moi le Saint sans retard, lui qui nous a unis mieux que Cupidon….

Luciole83

 

15 commentaires

  1. Un jour ou l’autre sur le chemin commun on va se retrouver seul, seule… restent les souvenirs, les photos et les soupirs… ah un seul être vous manque….

  2. C’est beau et très sensuel ! Bravo .

  3. Délicieuse et touchante lettre .

  4. Au moins, dans cette belle lettre, l’amant esseulé retrouve la fougue de sa jeunesse et en attendant de rejoindre sa mie dans l’éternité, je lui conseillerai de continuer à écrire pour continuer à se plonger dans l’exaltation des émois de la vie.

  5. 😛 reste les souvenirs émouvants à l’hiver de la vie…que rajoute à cette belle lettre…

  6. C’est MAGNIFIQUE……..

  7. Un veuf inconsolable qui se languit de retrouver sa belle !

    Bcp de veuves autour de moi dans les réunions et qui m’en racontent tant…. Pour bcp, c’est terrible de survivre à l’autre…

    Bisous

  8. Des souvenirs inoubliables … qui font vivre …

  9. Une très belle lettre d’amour. Un amour qui a duré et qui se souvient.

  10. j’ai beaucoup aimé et l’histoire et le style ! chaque lettre est particulière. Merci beaucoup.

  11. Peu hélas connaissent la recette de l’amour éternel.Ta lettre est vraiment très émouvante, merci de l’avoir partagée avec nous.

  12. un bien long chemin ensemble pris très tôt je vois … une lettre douce et émouvante bravo

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