« Très chère amie,

J’ai appris, cette année, par mon fidèle ami Jules, le petit chat du père Noël, alors que je dégustais une bonne crêpe, que vous ne vouliez pas m’adresser de lettre me confiant si joliment vos vœux de 2020. Vous en avez conclu que vos souhaits restaient les mêmes que ceux de l’année passée, histoire de vous embarbotter dans ce travail d’écriture.
C’est vrai, j’ai été incapable de les exaucer. Je comprends votre déception et votre manque de joie.
Et pourtant, à l’aube de vos 68 ans en avril prochain, vous devriez savoir qu’il m’est impossible de ressusciter vos chers disparus. Ils restent bel et bien vivants puisque vous les porterez dans votre cœur jusqu’à votre dernier souffle.
Quant aux mépris et désamour de vos deux filles aînées, malheureusement, je ne peux pas les forcer à vous donner de leurs nouvelles, de répondre à vos appels au secours, ni de les obliger à aimer leur maman. Je comprends que pour vous, c’est une terrible épreuve ! Vous les avez portées neuf mois, choyées, élevées, il est extrêmement difficile d’accepter ce que vous n’avez peut-être pas su leur transmettre, ces valeurs familiales qui font partis de votre patrimoine génétique et de votre éducation.
Il me semble avoir entendu votre père, affirmer que d’être « parent » était le plus difficile métier du monde. Il avait raison !
La seule chose que je vous demande, c’est de chasser cette mélancolie qui vous dévaste en ce moment. Souriez à la vie mon amie !
Il vous reste Ellen et sa Bibounette, Christel et ses trois « diablos », un compagnon quelque peu râleur et taiseux qui de son côté reste néanmoins  très sensible à votre détresse actuelle, accrue par une santé chancelante depuis quelques années. Il ne sait seulement pas l’exprimer !
Pas facile d’accumuler une telle cascade de lassitude et de désillusions, mais c’est un vieux et humble bonhomme, habillé de rouge et portant une ancestrale barbe blanche, qui vous l’affirme :
« Vous avez encore de belles années à partager avec ceux qui vous sont restés fidèles ! »
Les cloches de mon traineau continueront à tintinnabuler, couvrant les vibrations des smartphones. Noël ne se produit qu’une fois par an, et dans cet esprit de fraternité, il faut honorer cet évènement. Ma chère amie, je suis certain que les beaux jours arrivant avec le printemps et le soleil dans trois petits mois, vous feront voir les choses différemment.
Vous êtes une battante, et vous saurez récupérer votre bonne humeur habituelle. Une de vos amies a débuté l’un de ses commentaires par « chère clown triste » ! Tristesse passagère, ce n’est pas dans votre nature profonde ! Et en lisant ce poème d’Alphonse Allais, plein d’humour, le sourire vous reviendra !

 

Nous nous étalons

Nous nous étalons
Sur des étalons.
Et nous percherons
Sur des percherons !
C’est nous qui bâtons,
A coup de bâtons,
L’âne des Gottons
Que nous dégottons !…
Mais nous l’estimons
Mieux dans les timons.
Nous nous marions
A vous Marions
Riches en jambons.
Nous vous enjambons
Et nous vous chaussons,
Catins, tels chaussons !
Oh ! Plutôt nichons
Chez nous des nichons !
Vite polissons
Les doux polissons !
Pompons les pompons
Et les repompons ! (…)
Du vieux Pô tirons
Quelques potirons !
Aux doux veaux rognons
Leurs tendres rognons,
Qu’alors nous oignons
Du jus des oignons ! (…)
Ah ! Thésaurisons !
Vers tes horizons
Alaska, filons !
A nous tes filons !
Pour manger, visons
Au front des visons,
Pour boire, lichons
L’âpre eau des lichons.
Ce que nous savons
C’est grâce aux savons
Que nous décochons
Au gras des cochons.
Oh ! mon chat, virons,
Car nous chavirons !

 

Allez courage mon amie, et prenez soin de vous.
Le Père Noël, Ho Ho Ho ! »

Le blog de Zaza

10 commentaires

  1. Là, je reconnais quelqu’une… -)

  2. Positivons, positivons !

  3. Chut, je ne dirai rien, promis, mais je sais à qui cette lettre est adressée.
    Positivons, positivons, c’est le plus important pour que la vie continue.

  4. Une lettre très personnelle, courage !

  5. Je suis touchée par ta lettre. Le père Noël un jour remuera le cœur de tes 2 filles. Il n’est jamais trop tard. Bises et bon rétablissement.

  6. je n’ai pas la chance de reconnaitre de qui est cette lettre et c’est tant mieux mon vote n’en sera que plus impartial
    bravo

  7. J’espère de tout coeur que cette lettre du père Noël redonnera le moral à la personne à qui elle est adressée .

  8. Un père Noël consolateur ; parfois on en a besoin. Celui-ci a un grand coeur.

  9. Hihi ! tout comme Jill Bill…. et Quichottine ! Mais il n’empêche, ta lettre m’a ébranlée !
    Même problème parfois avec les enfants : ça va, ça vient…. ça ne va plus (?) … puis un beau jour (?) ça revient … sans qu’on ne sache pourquoi…
    Je donne à « ma chère amie » le conseil que l’on m’a donné et qui semble on ne peut plus juste : « GARDE LE LIEN ! » … « Fais comme si rien n’était ! »
    Et pouf, un jour, le contact se rétablit ??? (Merci Monsieur le Curé !)
    Ah le métier de « parents » …..
    Ma grande amie, garde ta santé, ne te fais pas de mouron… tout viendra en son temps…
    Je t’embrasse fort et te garde dans mes pensées

  10. Ah ! Mais, il ne manque que la signature, hein !!! Gros bisous♥

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